Raconte la Route de la Soie

Samedi 9 décembre 2006
Le Concept
Un projet livre à vocation culturelle...

La démarche
> contacter et rencontrer des conteurs sur notre parcours. Récolter (supports oraux et écrits) quelques contes en langues et calligraphies locales
> faire un carnet de voyages à partir de ces récits, et établir ainsi un “fil de soie” littéraire (récits) et esthétique (calligraphies) entre les différents pays de la Route de la Soie

Avant de partir
> rencontrer Yollande Combe, conteuse dans le Briançonnais qui nous livrera deux récits ; un récit sur la Route de la Soie en France ou l’Orient vu de France, et un récit imaginaire qui relate le début de notre propre voyage. Elle donnera ainsi le relais au conteur italien, Franco Picetti
> faire traduire dans les différentes langues notre démarche pour le présenter aux conteurs sur place

Sur place
> rencontrer et filmer dans chaque pays traversé, un conteur dans son cadre de vie, et lui demander d’écrire et de raconter plusieurs récits :

    - un sur son pays, sa région, caractérisant l’identité locale et/ou présentant un lien fort avec la route de la Soie
    - une histoire enfin, inventée, qui raconte notre périple et nos rencontres dans le pays du conteur. Chaque conteur invente et rajoute ainsi un épisode à notre aventure.


Au retour
> conception d’un livre et d’une exposition (tous bénéfices effectués seront reversés à une association à but écologique ou humanitaire)

A notre disposition
> contes manuscrits de la main des conteurs en langues et alphabets locaux
> le récit de notre voyage revu et corrigé par l’imaginaire des conteurs de la Route de la Soie
> traductions des contes en français (à faire au retour)
> films et enregistrements sonores des récits
> photos des conteurs
> photos généralistes du voyage
Par 21,22,23 Route de la Soie
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Samedi 9 décembre 2006
Nos Premiers Conteurs !
Notre projet Contes est déjà en marche. Grâce à un réseau d'amis et de connaissances nous avons pu contacter deux conteurs Yolande COMBE dans le Briançonnais, et Franco PICETTI en Italie. Ils ont accueillis avec enthousiasme notre projet et sont déjà en train de travailler sur leurs récits.

A suivre...



Par 21,22,23 Route de la Soie
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Mardi 6 mars 2007
Les contes de Yocoe

21,22,23
Route de la Soie

1,2,3…….21,22,23 route de la soie ! C'est une adresse qui fait rêver n'est-ce pas ?

Naffy, Milou, Manouel et Bob ! Un brin impatiente, un brin susceptible, un brin têtu, un brin nerveux…

Si vous voulez leur écrire pendant leur voyage, vous prenez votre plus belle plume, vous formez des belles lettres en calligraphie, ça fera plaisir à Naffy, vous leur donner quelques nouvelles du pays, et puis vous les encouragez, par exemple vous pouvez écrire : le vélo ça fait mal au dos, voyager ça fait mal aux pieds, pédaler ça fait mal aux mollets…. En fait, vous écrivez ce que vous voulez! Vous mettez cette lettre dans une enveloppe, et vous marquez  l'adresse : Naffy, Milou, Manouel et Bob, 212223routedelasoie. Facile à trouver, non ? Vous avisez une boîte, vous savez, ces boîtes jaunes, rectangulaires…. Et vous postez ! Enfin ! il ne faut pas oublier le timbre, sinon la lettre risque bien de ne jamais arriver ! Mettez un joli timbre, ça fait toujours plaisir de recevoir une enveloppe avec un joli timbre. La lettre est donc dans la boîte, tout va bien ! La poste est fiable !

Bon, il y a un autre moyen de leur écrire. Vous vous installez devant votre boîte favorite vous savez, avec une fenêtre, toute noire, reliée à un enchevêtrement de fils de toutes sortes… quand vous appuyez sur le bouton … ouaouh la fenêtre s'éclaire ! Dans cette boîte magique, le monde, tel un génie des contes, y a fait sa demeure…Avec la boîte, en principe,  y a un clavier ; vous tapotez, et vous écrivez, précisément, 212223routedelasoie sans espace, ni tirets point over tiret blog point com. Et là, un dragon apparaît ! Ce dragon, la tête tournée vers la route de la soie, son corps sinueux qui se déploie, tel un chemin parsemé de couleurs et de voies, ses pattes en forme de… roues, tu le crois ?

Regardant, admirative cet animal fabuleux, logo génial de l'inventeur ci-nommé, Régis Ferré, et le génie, appelant le génie, une idée formidable a germé dans mon esprit !

J'ai trouvé le cadeau que j'allais offrir à nos amis, avant qu'ils ne quittent notre beau pays… Le problème, ce n'était plus donc l'idée du cadeau, mais plutôt comment le dénicher.

Réfléchissant à ce projet, je suis allée me promener vers la Shappe… vous savez cette ancienne usine où l'on peignait et filait les déchets de la soie…longeant le bâtiment, j'ai conçu le projet de rentrer à l'intérieur. Ce que j'ai fait, je n'vous dirais pas comment, parce que de toute façon, nul n'a le droit d'y pénétrer. J'ai parcouru cette immense bâtisse de cinq étages: des pièces les unes après les autres, des vitres cassées, des planchers en mauvais état. J'essayais de m'imaginer les ouvriers, les ouvrières (il y en avait mille, et même parmi eux, des enfants !) travaillant plus de douze heures par jour pour fabriquer les écheveaux de soie. Et voilà que mon regard s'est dirigé vers le fond d'une pièce, où une lame de plancher, me semblait étrangement soulevée ! Je me suis approchée, je me suis baissée, j'ai essayé de bouger cette lame de parquet… et, elle m'est restée dans les mains. Il y avait, là, sous le plancher, une cavité qui semblait contenir un objet. Tirant de toutes mes forces sur les lames voisines, j'ai découvert…là, sous ce parquet détérioré, dans ce bâtiment délabré, un magnifique coffre en bois laqué qui venait manifestement de Chine….! Quelle émotion ! Quelle surprise !

Après quelques instants d'hésitations, j'ai ouvert le coffre !

J'ai la joie, et l'immense privilège, de vous offrir ce soir, à chacun de vous quatre, Naffy,  Milou, Manouel et Bob, le contenu de ce coffre…Comme si elles vous étaient destinées, il y en avait justement quatre. Elles sont d'une qualité exceptionnelle, de couleurs si lumineuses….À quoi vont-elles donc vous servir ? Dès demain, vous en aurez l'utilité. Dans le col de Montgenèvre vous rencontrerez certainement ces dragons modernes qui crachent une fumée noire et nauséabonde. Placez donc cet objet sur le bas de votre visage, pour filtrer les gaz d'échappement de ces montres du XXè siècle. Elles vous seront également d'une grande utilité s'il pleut, ou s'il fait soleil ; s'il fait froid, aussi ! Ou encore comme pagne, ou comme peignoir en attendant que vos vêtements sèchent ou  au sortir d'une rivière bienfaisante….. Egalement elles vous seront utiles dans les passages périlleux pour vous attacher les uns aux autres, ou attacher vos vélos pour les descendre d'une falaise….

Je vais maintenant aller chercher ces objets…je vous demande deux petites secondes

 

 

Je vous demande Naffy, Milou, Manouel, et Bob, de venir me rejoindre

J'ai l'honneur et le plaisir, de vous offrir ces écharpes de soie venues tout droit de ce pays lointain qu'est la Chine, que vous allez rejoindre à la force de vos mollets.

…..

En attendant, bonne chance, bon vent, et bon voyage !

Par 21,22,23 Route de la Soie
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Mardi 6 mars 2007
Les Contes de Yocoe

Les deux reveurs

Adapté de Gougaud/L'ARBRE AUX TRESORS/Seuil

 

Il y avait un homme qui habitait dans un petit village, en Perse, non loin de la grande ville d'Ispahan ; ville magnifique et renommée, appelée la moitié du monde. Mais vous savez comme moi, que la gloire, côtoie souvent la misère, sans même la remarquer. Cet homme était misérable ; il habitait une petite maison basse, couleur de terre, sur la façade, un cadran solaire à demi-effacé; devant la maison, un champ de cailloux. Et tout au bout du champ, sa richesse, une source, et un figuier. Année après année, l'homme travaillait son champ de cailloux, et en tirait péniblement quelque subsistance qui lui permettait à peine de ne pas mourir de faim. Chaque jour, lorsque le cadran solaire indiquait midi, l'homme allait faire une petite  sieste, sous son figuier. Et voilà que ce jour-là, il fait un rêve.

 

 

Chant/guitare : J'aimerais partir loin très loin, j'aimerais partir loin si loin, j'aimerais, partir, si loin…. Je voudrais partir de cette vie et partir loin d'ici, partir sur les chemins, et partir dès demain. Partir pour oublier ma vie, et pour trouver mon cœur, peut-être, le bonheur…..

 

 

L'homme se voit marchant dans les rues d'une ville magnifique ; au loin, dans le ciel bleu, se découpent, des minarets, des coupoles, des palais couleur d'or. Autour de lui, une foule compacte, des visages souriants, des odeurs d'épices et de parfum de toutes sortes Des boutiques étalent leurs marchandises : des casseroles de cuivre, des tissus multicolore, des écharpes de soie, des sandales de cuir, des tapis chatoyants, et que sais-je encore. L'homme en est, tout étourdi. Et voilà, qu'au bout de la rue, la foule se fait plus clairsemée… il aperçoit un pont que traverse un fleuve. L'homme s'avance vers le pont pour contempler l'eau qui s'écoule. Au pied de la première borne, il s'arrête brusquement. Un coffre, est là, ouvert, rempli de pièces d'or et de pierres précieuses ; il entend une voix qui lui dit : "Tu es ici dans la grande ville du Caire, et ce trésor est pour toi.". Et l'homme se réveille.

 

 

Nous savons, vous et moi, que les richesses les plus précieuses, ne sont pas toujours matérielles, mais pour cet homme-là, un tel trésor, c'était la vie. L'homme s'écrie : "Allah est grand !" Il se précipite chez lui, rassemble rapidement quelques affaires, fait son baluchon, et il quitte son village, vers la grande ville d'Ispahan. Il ne s'y attarde pas, et continue sa route, vers le Caire.

 

 

Ces contrées, jamais il ne les a traversées, à peine en a-t-il entendu parler. Le voyage est périlleux et difficile, mais repassant dans son esprit les images de son rêve, il oublie les dangers, et la fatigue.

 

 

Lorsqu'il arrive dans la ville du Caire, il trouve exactement ce qu'il avait vu dans son rêve : les mêmes minarets et coupoles dans le lointain, les même palais d'or, les mêmes visages, les mêmes parfums, les mêmes boutiques. Et au bout de la rue, le même pont de pierre, qui traverse le même fleuve. Il se précipite vers la première borne du pont. Et là….un mendiant lui tend la main. Ahhhh l'homme se prend la tête en gémissant. Désespéré, ayant laissé ses maigres économies dans son voyage, n'entrevoit plus qu'une solution. Il enjambe le parapet, et se prépare à sauter dans l'eau du fleuve. À ce moment-là, le mendiant le retient par la manche et le ramène sur le pont : "Eh ! pourquoi veux-tu mourir ?" Alors notre homme lui raconte, sa pauvre vie de paysan, son rêve, et son voyage… Le mendiant se met à rire aux éclats, et se moque bruyamment de lui !

 

 

"Ah mais ça alors ! tu es un idiot parfait ! moi, qui n'ai rien que mes mains pour mendier,  je suis plus sage que toi ! Depuis des années, moi aussi je fais un rêve. Je rêve que je me trouve dans un village, non loin de la grande ville d'Ispahan. Là, il y a une maison basse couleur de terre ; sur la façade de la maison, il y a un cadran solaire à demi-effacé ; devant la maison, un champ de cailloux, et tout au bout du champ, une source, et un figuier. Et puis, je me vois en train de creuser un trou au pied du figuier ; au fond du trou, je trouve un coffre rempli de pièces d'or et de pierres précieuses… mais crois-tu que je vais laisser mon pont de pierre, et ma vie de mendiant, pour aller courir vers ce mirage ? Non, je reste au pied de ma borne, et je regarde le fleuve couler… je ne suis pas aussi fou que toi ! Là où Dieu t'a placé, tu aurais dû rester ! "

 

 

Le visage illuminé, le paysan saute sur ses pieds, embrasse le mendiant qui n'y comprend rien, et courant et gambadant, il retourne vers son village…

 

 

Arrivé chez lui, il empoigne une pioche, se dirige vers le figuier, et creuse, là, un trou. Au fond du trou…. un coffre, et dans le coffre, des pièces d'or et des pierres précieuses. L'homme se jette la face contre terre, et murmure : "Allah est grand, et je suis son enfant !"

 

 

Ainsi finit, notre conte.

 

 

Cette histoire nous fait réfléchir ! Cet homme avait tout ce qu'il fallait chez lui, et il ne le savait pas. Alors devait-il rester chez lui ?

 

 

Mais pour trouver son trésor, il a fallu qu'il aille loin, très loin ! Il est allé frotter sa vie, à d'autres vies, confronter son cœur, à d'autres cœurs, et c'est alors qu'il a pu trouver son trésor.

 

 

Ne vous étonnez pas si au retour de Chine, nos quatre amis se précipitent au fond de leur jardin pour creuser un trou au pied d'un mélèze, ou d'un noyer…

 

 

Vous saurez alors que là-bas, ils ont trouvé ce qu'ils cherchaient… ici.

 

 

Par 21,22,23 Route de la Soie
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